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LA LITUANIENNE SIMONA RUPECKAITĖ VIT AU JOUR LE JOUR EN L’ATTENTE  DE TOKYO 

15 juin 2021

La légende lituanienne du cyclisme sur piste, Simona Krupeckaitė, prépare ses cinquièmes Jeux Olympiques sans pression et sans rien attendre poue elle-même. 

  

 Elle admet cependant que ce serait un rêve devenu réalité de remporter une médaille olympique – la seule qui manque à son armoire à trophées bien remplie. La double championne du monde, triple championne d’Europe et médaillée d’or et d’argent aux Jeux Européens 2019 dit que l’expérience lui a appris qu’il vaut mieux rester relax et profiter du moment présent, plutôt que s’encombrer de grandes ambitions. 

 

 « Je vais aller à ces Jeux olympiques avec le sourire aux lèvres, parce que, franchement quand je serai  là-bas le ne penserai probablement plus aux médailles « , a déclaré Krupeckaitė, 38 ans.  «Je vais simplement me prouver avant toute chose que je peux encore me concentrer, que je suis à même de faire ce que je peux, que je peux surmonter le stress, la fatigue.  C’est mon objectif pour cette année. 

 

 « Je sais d’après ma propre expérience qu’il ne faut pas aller aux Jeux pour une médaille, il faut y aller pour faire de son mieux à ce moment particulier, et qu’il faut s’entraîner pour favoriser cette approche.  Il faut simplement apprendre à être là où on est, à apprécier ce que l’on fait et à faire de son mieux. 

 

Simona ira rejoindre le groupe  d’élite des Olympiens lituaniens  cet été lorsqu’elle deviendra la sixième athlète de son pays à participer à cinq éditions des Jeux ou plus.  Ce group comprend à ce jour Daina Gudzinevičiūtė, la championne de tir présidente du Comité national olympique de Lituanie, Virgilijus Alekna,le lanceur de disque , la biathlète Diana Rasimovičiūtė et le duo de danse sur glace Margarita Drobiazko et Povilas Vanagas. 

 

 « J’entrerai dans l’histoire au moins de cette manière, pas nécessairement pour avoir remporté des médailles », dit Simona Krupeckaitė en riant, après avoir terminé juste au pied du podium à Athènes 2004, Pékin 2008, Londres 2012 et Rio 2016. « C’est en effet un  énorme accomplissement d’être parmi les athlètes de haut niveau  pendant tant d’années et de continuer à gagner d’excellentes places.  Tout cela est très flatteur et donne un sens au travail de toute l’équipe.  Parce que je n’y serais jamais parvenue sans toutes les personnes qui me soutiennent. 

 

 Son équipe comprend son mari et entraîneur de longue date Dmitrij Leopold et sa collègue cycliste Miglė Marozaitė, avec qui elle concourra à Tokyo 2020 dans l’épreuve de sprint par équipes, la même épreuve dans laquelle le duo a remporté l’argent à Minsk 2019. Simona concourra également à titre individuel dans le  keirin et épreuves individuelles de sprint. 

 

 Lorsqu’on lui demande dans laquelle des trois épreuves elle se sent le plus en confiance, elle indique le sprint par équipes comme étant la compétition avec les plus grandes chances de succès, en grande partie parce que seules huit équipes du monde entier se sont qualifiées pour cette épreuve. 

 

 Les compétitions individuelles sont beaucoup plus imprévisibles  – explique-t-elle, « Parce que le sprint individuel et le keirin sont comme le jeu du chat et de la souris, avec beaucoup d’incertitude.  Et il arrive très souvent que ce ne sont pas les favoris qui montent sur le plus haut  podium.  Beaucoup d’éléments comptent ici : les accidents, les burn-out, le stress, la tension et la responsabilité. 

 

 En repensant à sa brillante carrière, qui a commencé sérieusement en 2003 lorsqu’elle a remporté deux médailles d’argent aux Championnats d’Europe sur piste des moins de 23 ans, elle mentionne sa victoire record du monde sur 500 m aux Championnats du monde 2009 en Pologne comme son moment de loin le préféré, car ce fut l’une des courses les plus difficiles.  L’épreuve lui a fait vivre une « variété d’émotions sans précédent … allant d’une grande joie à un énorme épuisement professionnel». 

 

 Ce qui l’a amenée à être nommée pour la première fois Athlète lituanienne de l’année, une distinction qui lui a été décernée à nouveau en 2010 et 2016. 

 « Pour moi, c’est un grand honneur de recevoir le titre d’athlète lituanienne de l’année », dit-elle.  « Je suis très fière d’avoir été choisie comme meilleur athlète par trois fois.  Cela signifie à la fois l’affection de la nation pour moi et aussi la reconnaissance de la communauté sportive.» 

 

 Simona Krupeckaitė bénéficie également du soutien de ses collègues athlètes, ayant été élue par ses pairs en décembre dernier à la commission des athlètes de son CNO avec le kayakiste Edvinas Ramanauskas.  C’est un rôle et une responsabilité qu’elle accepte avec enthousiasme. 

 

 « J’aime m’intéresser aux questions d’actualité des autres sports, résoudre des problèmes, trouver des points de départ communs entre les représentants de toutes les fédérations sportives », dit-elle.  « Les représentants de certains sports peuvent partager leur expérience avec d’autres.  Il s’agit d’une activité très significative pour les jeunes et les athlètes de haut niveau. 

 

 Bien qu’elle n’exclue pas une carrière post-cycliste dans l’administration sportive, Krupeckaitė dit qu’elle ne pense pas encore à un avenir si lointain – elle a encore trop à donner sur la piste, y compris en participant à la nouvelle Ligue des champions sur piste de l’Union Cycliste Internationale (UCI  ) qui débutera en novembre. 

 

 Cela dit, Tokyo 2020 pourraient être ses derniers Jeux Olympiques ? 

 «Je pense que ce sera ma dernière édition», dit-elle en riant.  « Au moins dans le rôle de cycliste.  Même s’il m’a semblé que tous les Jeux auxquels j’ai assisté allaient être les derniers pour moi. 

 

 « Mais sincèrement, peut-être que ça suffit maintenant, peut-être qu’il est temps de penser à se contenter, même si Paris 2024 n’est que dans trois ans….  Peut-être que j’aurai une autre idée folle. 

 

 Ce qui est certain c’est que 2,8 millions de Lituaniens espèrent qu’elle aura cette idée folle de poursuivre jusqu’à Paris 2024, sans parler de remporter cette médaille olympique tant attendue à Tokyo au mois d’août. 

 « Je pense que je pourrais appeler cela » un rêve devenu réalité  » – ce serait une grande réussite qui me donnerait beaucoup d’autosatisfaction », a déclaré Krupeckaitė à propos d’une médaille à Tokyo.  « Cependant, comme je ne l’ai pas encore, je ne veux pas trop y penser. » 

 

 Les épreuves de cyclisme sur piste à Tokyo 2020 auront lieu du 2 au 8 août au vélodrome Izu  de Shizuoka.  Cliquez ici pour l’horaire complet.