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LE CHEMIN VERS TOKYO: LE RÊVE OLYMPIQUE CONTINUE POUR LA KARATÉKA TURQUE

8 septembre 2020

Pour la championne de karaté turque Meltem Hocaoğlu Akyol, le report des Jeux Olympiques de Tokyo 2020 n’a pas simplement signifié qu’elle devrait attendre une année supplémentaire entre deux cycles olympiques. Pour l’athlète de 28 ans, ce report a signifié une année supplémentaire sur toute une vie d’espoir.

C’est parce que le sport dans lequel elle excelle – le karaté – devait faire cette année ses débuts olympiques tant attendus dans la capitale japonaise. Comme tant d’autres aficionados de karaté à travers le monde, l’idée d’attendre une année supplémentaire pour voir enfin leur sport présenté sur la plus grande scène au monde a été pratiquement insupportable.

«Le karaté inclus pour la première fois au programme des Jeux olympiques a été quelque chose que nous ne pouvions même pas imaginer», a récemment déclaré Hocaoğlu Akyol à l’agence turque Anadolu. «Avant, le plus important événement pour nous était le championnat du monde. Maintenant, nous pouvons rêver de Jeux olympiques. Participer aux JO est devenu pour moi le plus grand rêve dès le moment même où ils ont été annoncés.

Hocaoğlu Akyol pourra non seulement voir son sport faire ses débuts aux Jeux Olympiques de l’année prochaine, mais elle pourrait également être l’une des concurrentes – avec une très bonne chance de remporter une médaille.

A l’approche de l’année olympique 2020. la karatéka originaire d’Istanbul avait été deuxième au classement mondial dans la catégorie féminine +61 kg, et elle semblait bien placée pour obtenir son billet pour les Jeux alors que les tournois de qualification battaient leur plein. Mais lorsque la pandémie COVID-19 a frappé au début du printemps et que les qualifications ont été suspendues, tous les paris ont été soudainement ouverts.

Pour des raisons d’équité, la Fédération mondiale de karaté (WFK) a décidé de réviser son processus de qualification olympique à la suite de la décision du Comité international olympique de reporter les JO de Tokyo 2020 à 2021. Ce qui semblait être une chose sûre pour Hocaoğlu Akyol au début de cette année était à nouveau bien incertaine.

Son objectif est maintenant de rester dans le top quatre jusqu’en mai 2021, la nouvelle date limite pour la qualification olympique. En attendant, elle s’appuie sur ses années d’expérience en compétition et sur les leçons apprises pendant le confinement.

Hocaoğlu Akyol connait bien les tournois internationaux, elle a participé à travers le monde à des compétitions sous l’égide de la WKF depuis 2009. Mais ce sont les deux premières éditions des Jeux Européens qui l’ont sans doute préparée au mieux pour Tokyo 2020 en lui donnant un premier aperçu de la magie de l’environnement olympique.

«Les Jeux Européens ont été merveilleux pour moi», a-t-elle déclaré. «L’ambiance lors des cérémonies d’ouverture et de clôture, créée par les athlètes du monde entier dans les différents sports, m’a beaucoup impressionnée. »

A son tour, elle a également impressionné les deux éditions des Jeux Européens en remportant l’argent à Bakou 2015 et à nouveau à Minsk 2019. «La médaille que j’ai remportée à Minsk a été très importante pour moi en termes de classement WKF… ce fut une source de motivation pour moi pendant cette pause. Je suis très contente de la médaille que j’ai reçue là-bas. J’y pense comme à un avant-gout de la médaille que je pourrai obtenir à Tokyo. Je ferai de mon mieux pour m’améliorer. »

Le plus gros obstacle à l’amélioration est bien sûr la perturbation provoquée par le coronavirus, y compris le long délai entre les compétitions. Mais avec quelques ajustements et un état d’esprit positif, Hocaoğlu Akyol est assurée qu’elle s’en sortira plutôt bien.

«Mon club m’a envoyé des tapis [d’entraînement] chez moi, alors je continue mon entraînement dans mon salon», dit-elle. «De plus, j’essaie de faire des mouvements de remise en forme avec les chaises, le canapé et les bidons d’eau de la maison. Notre fédération poursuit notre formation avec des vidéos en ligne. Nous faisons également du yoga, du Pilates, de l’aérobic. Avec l’autorisation du ministère de la Jeunesse et des Sports, chaque athlète peut continuer à courir et à faire des exercices de fitness dans le gymnase qui lui est attribué. Je continue ma formation de cette façon. ”

En plus d’être un peu frustrée de ne pouvoir s’entraîner avec ses coéquipiers de club ou de trouver une manière appropriée pour défouler son énergie, Hocaoğlu Akyol dit qu’elle a appris plusieurs choses pendant la pandémie qui lui serviront dans les années à venir. La plus importante, dit-elle, c’est qu’il faut arrêter de remettre les décisions à plus tard et surtout qu’il faut savoir les prendre rapidement.

Tout bien considéré, la position de Hocaoğlu Akyol est plutôt bonne bien qu’elle devra attendre une autre année pour que son rêve olympique se réalise. Mais comme elle l’admet volontiers, sans le rêve, elle ne serait pas dans la position dans laquelle elle se trouve aujourd’hui.

Nos meilleurs voeux à Meltem pour sa préaparation ; nous avons hâte de la voir concourir l’année prochaine à Tokyo 2020!