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LE CHEMIN VERS TOKYO: une affaire de famille pour le lutteur de Saint-Marin

23 fevrier 2021

La lutte est profondément ancrée dans la famille de Myles Amine de Saint-Marin, qui se prépare à suivre les traces de son grand-père cet été lorsqu’il arrivera aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.

Né aux Etats-Unis dans l’État du Michigan d’une mère sammarinoise et d’un père américain, Myles, 24 ans, a été élevé avec une dose massive de lutte et de Jeux Olympiques  dans la lignée de son grand-père paternel Nazim, qui a participé aux Jeux Olympiques de Rome 1960 sous les couleurs du Liban.

Pour sa part, le père de Myles a été finaliste de la NCAA et sélectionné pendant quatre ans de l’université du Michigan (1986-89), tandis que son oncle a lui aussi représenté son université  dans les années 1988-90.  La tradition sportive de famille a continué avec le frère de Myles, Malik, et son cousin, Jordan, tous fiers membres de la célèbre équipe universitaire Wolverines.

S’étant qualifié pour Tokyo 2020 aux Championnats du monde UWW 2019, où il a terminé cinquième pour la nage libre hommes 86 kg, Myles attend maintenant de voir si son frère sera à même de renouveler cet exploit en avril pour en faire une véritable affaire de famille cet été dans la capitale japonaise.

“Malik va très bien», dit Myles.  «Il a le même programme d’entraînement que moi et il est en train de progresser.  En avril, il aura ll’occasion de se qualifier pour les Jeux olympiques et je suis convaincu qu’il y arrivera”.

En regardant en arrière à l’année 2020, Myles dit qu’elle aurait pu être une année inoubliable, après l’argent remporté aux Championnats d’Europe à Rome et avoir obtenu son diplôme universitaire.  Participer à Tokyo 2020 devait être la cerise sur le gâteau.  L’année s’est avérée extraordinaire pour d’autres raisons, grâce à la pandémie et au report d’un an des Jeux Olympiques, mais loin d’être découragé, Myles a simplement redoublé sa formation et a gardé les yeux rivés sur le prix.

“La COVID-19 a eu un impact énorme sur ma vie.  Mais mes entraîneurs [don’t le double champion olympique et multiple champion du monde Sergei Beloglazov] ont mis au point pour moi un excellent programme qui correspond au nouveau calendrier des compétitions. Je m’entraîne presque tous les jours, en essayant de ne rien ignorer, dit-il en ajoutant que la pandémie  l’a au moins rendu un peu plus expert au niveau technique.  “Je suis également assez fort en technologie et appels vidéo, ce qui m’aide énormément.”

Myles a connu plusieurs succès des deux côtés de l’Atlantique, remportant différentes médailles aux championnats de lutte de la division 1 de la NCAA et aux championnats Big Ten aux États-Unis, ainsi que le bronze aux Jeux européens de Minsk 2019, la seule médaille pour Saint-Marin lors de ces jeux.  Sa performance dans la capitale biélorusse lui a valu d’être nommé Athlète sammarinois de l’année en 2019 lors des célébrations pour le 60e anniversaire du Comité national olympique de Saint-Marin.

Bien que meilleur lutteur de la NCAA dans la catégorie des 184 livres aux États-Unis et de plus en plus remarqué sur la scène mondiale avec sa série de podiums, Myles déclare ne ressentir aucun poids supplémentaire sur ses épaules à l’approche des Jeux Olympiques.

«Je ne ressens aucune pression», dit-il.  «Ces résultats augmentent ma volonté de m’améliorer et de placer la barre toujours plus haut.  Je m’attends à faire mieux à chaque fois que je suis sur le tapis et j’essaye de donner le maximum.  Jusqu’à présent les médailles n’ont fait qu’intensifier ma confiance en me permettant de réajuster mes objectifs et de viser plus haut.”

Myles est également impatient de se mesurer aux meilleurs lutteurs du monde à Tokyo – et de se venger de quelques défaites.  «Je veux me battre au mieux de mes capacités et j’espère récupérer contre les adversaires russes et iraniens, qui sont les meilleurs lutteurs de ma catégorie.  Je crois en moi et je sais que mon travail acharné portera ses fruits. »

Le champion de Saint-Marin attend avec impatience ses premiers Jeux Olympiques pour perpétuer la tradition initiée par son grand-père.  Il le fera en fier citoyen du Rocher du Titan, reconnaissant du soutien qu’il reçoit du peuple de la petite République, qui suit de près ses exploits.

“[Leur soutien] me rend vraiment heureux.  Cela fait partie de mon rêve devenu réalité et j’en suis heureux.  J’espère pouvoir leur rendre toute leur attention », dit-il.  «Je suis vraiment fier d’être un citoyen sammarinois, de porter ses couleurs et d’avoir ce drapeau sur mon uniforme.  Même si je vis aux États-Unis, la République de Saint-Marin sera toujours le lieu d’origine de ma famille.  Je veux attirer l’attention sur Saint-Marin et raconter son histoire.”

Cet été à Tokyo, soutenu par une famille qui comprend désormais les 34 000 habitants de Saint-Marin, Myles Amine pourrait bien ajouter son propre nom à la longue et riche histoire du pays.

Nous lui souhaitons bonne chance dans son parcours olympique!